La solidarité internationale en temps de crise sanitaire

25/11/2020 -
Mise en ligne par :
Entretien avec Jean-Claude Mas, Délégué Général de l’association de solidarité internationale "Futur Au Présent" (FAP).

 

L’association Futur Au Présent (FAP) est une association de solidarité internationale créée en 2012 par des travailleurs   sociaux sénégalais et français. Elle a pour objectif d'agir au profit des populations les plus vulnérables en France et à   l'étranger.

 

 

 

 

Depuis 2012, l'association a créé des programmes sociaux à destination des enfants en situation de danger, dans la ville de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal. Elle y construit des programmes sociaux contre la pauvreté, préparés en amont par des travaux de recherche et que des   activités économiques tendent à autofinancer. Elle vise aujourd’hui à répliquer cette action, qui a fait ses preuves   localement, sur d’autres territoires en Afrique et en Europe, afin de lutter contre la pauvreté selon une approche qui   prend en compte la dimension globale du phénomène.

 

Parmi ses activités de développement économique, Futur Au Présent a créé l’agence de tourisme solidaire Casamance Au Présent en 2015 dont 100% des bénéfices sont reversés à ses programmes sociaux.

 

Futur au Présent International est membre associé de l’ATES depuis 2016. Entretien avec son Délégué Général, Jean-Claude Mas.

 

Comment avez-vous dû adapter vos activités ces derniers mois en France et au Sénégal ? 

Jean-Claude Mas : " En France, nous avons été amenés à suspendre certaines activités de terrain durant le premier confinement : actions de sensibilisation, interventions sociales dans le cadre d’un projet d’échanges et de coopération avec des partenaires accompagnant des mineurs non accompagnés ouest-africains (projet Passer’Aile). Les interventions sociales ont pu reprendre ensuite, et se poursuivent, avec quelques aménagements, lors de ce deuxième confinement.

Au Sénégal, certains programmes ont été interrompus comme celui consistant à assurer un accompagnement social aux personnes détenues dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays. La reprise est en cours, moyennant là-aussi quelques aménagements pour préserver la santé de tous et toutes, en lien avec les autorités administratives.

Pour prendre un autre exemple, la fermeture temporaire de notre Maison de l’Éducation à Ziguinchor (programme de prévention du travail forcé par l’accompagnement à la scolarité et l’autonomisation de filles issues de familles pauvres) a été l’occasion d’inventer de nouveaux modes d’intervention et outils pédagogiques : enseignement à distance via la diffusion de leçons sur une chaîne de télévision locale, encadrement à domicile assuré par les enseignants, kits de loisir pour occuper et maintenir les enfants à domicile en toute sécurité.
 

Quelles sont les actions menées en ce moment ? Est-ce qu’on peut dire qu’elles sont encore plus essentielles dans le contexte actuel ? 

JMC : "Pour ne s’en tenir qu’au Sénégal, la plupart des activités sont menées (protection de l’enfance, employabilité des jeunes les plus éloignés de l’emploi…) ou sur le point de reprendre (action en milieu carcéral). Notre activité de tourisme équitable et solidaire est par contre à l’arrêt pour l’instant.

Il est crucial, compte tenu de la situation sociale des personnes que nous accompagnons, que toutes les activités puissent se réaliser car elles contribuent, pour la plupart, à assurer un accès effectif aux droits fondamentaux de chacune d’entre elles. Ne pas mener ces activités peut signifier, à très court terme, une aggravation de leur situation."

 

Comment préparez -vous l’année 2021 ? 

JMC : "Pour certains de nos programmes, nous envisageons plusieurs scénarii prenant en compte les aléas de l’évolution de la pandémie et ses effets sur l’opérationnalité des activités. Nous sommes plus confiants pour nos actions au Sénégal, hormis l’activité de tourisme équitable et solidaire. "

 

Y-a-t-il de nouveaux projets/besoins qui ont émergé avec la crise ? 

JMC: " Dans le champ de la protection de l’enfance et de l’accompagnement à la scolarité par exemple, nous avons constaté, malgré les actions éducatives alternatives ou aménagées que nous avons pu mettre en place, une baisse du niveau scolaire et des apprentissages, sur lequel nous allons devoir travailler spécifiquement.

Plus globalement, cette crise nous fait prendre conscience, s’il en était besoin, que l’aggravation des situations des personnes déjà précarisées peut subvenir à tout moment, à la faveur d’événements qui nous dépassent. Nous devrons par conséquent penser des programmes sociaux qui soient capables de s’adapter à un environnement susceptible d’évoluer très rapidement."

 

Malgré ce contexte difficile, y a-t-il des aspects positifs qui en ressortent ? 

JMC: "Le principal aspect positif résulte de la forte motivation et mobilisation des équipes pour essayer de trouver des solutions et maintenir un accompagnement de qualité. Les contextes difficiles permettent aussi, fort heureusement, de renforcer les solidarités et l’action collective."

 

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