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Contexte

Quelques données sur le tourisme
C’est en Grande-Bretagne, vers 1800, qu’apparaît le mot «tourist» puis, en 1841, la langue française l’intègre en parallèle du terme «voyageur» qui suppose une autre façon d’aborder et de parcourir le monde. Le tourisme reste un luxe jusqu’au premier tiers du XXème siècle. En France, c’est la révolution sociale avec l’obtention des congés payés en 1936 notamment qui lui permet de ne plus être le privilège de minorités mais de devenir un phénomène de plus grande ampleur. C’est dans ce courant que le tourisme social fait son apparition, avec pour objectif de rendre les vacances accessible au plus grand nombre et de réduire les inégalités d’accès à ces moments de détente et de loisirs.

En 1950, on dénombrait 25 millions d’arrivées internationales, en 1970, 165 millions alors qu’en 2006, on estime à 842 millions le nombre d’arrivées des touristes dans le monde. Un chiffre de 1 milliard en 2010 ou encore de 1,6 milliard en 2020 est prévu pour les années à venir. D’un point de vue économique, les recettes du tourisme international sont passées de 2,1 milliards de dollars courants en 1950 à 18,2 en 1970 et à 278 milliards en 1990. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires impressionnant de l’activité touristique est estimé à 500 milliards de dollars soit 12% du PIB mondial, tandis que le nombre d’emplois que cette industrie développe à 250 millions d’emplois soit 8% de l’emploi mondial. Cela en fait l’une des premières industries de la planète. Ces données statistiques laissent à penser que le tourisme international génère des capitaux dans l’ensemble des pays touristiques, y compris pour les pays en voie de développement où il peut être un facteur de croissance économique. Cependant, dans la réalité, les recettes sont réparties trop souvent de façon inéquitable. Selon les pays d’accueil, il est estimé que de 90% à 80% des recettes touristiques reviennent au final aux industries du Nord. De plus, même si le tourisme peut être facteur de croissance économique, il a indiscutablement eu et peut toujours avoir des conséquences néfastes au niveau social, environnemental, ou encore culturel.

Certains n’ont pas attendu les constats en terme de statistiques pour penser et concevoir un tourisme plus « concerné » par les territoires d’accueil. Dès 1960, à la fin de la période coloniale ont été menés des projets alliant voyages et solidarité ou des projets permettant à la population locale d’être actrice et maître d’œuvre de l’activité touristique. Les expériences menées de camps touristiques au Sénégal gérés par la population, selon les traditions et les rythmes saisonniers locaux, appelées « tourisme intégré » ont été exemplaires à l’époque. Les bénéfices produits étant gérés par un système bancaire local dont profite toute la population pour son développement communautaire.

Mais il est certain que les prises de conscience au niveau international des méfaits du tourisme, dans un contexte de mouvements en faveur du développement durable et du commerce équitable, ont favorisé l’émergence et la médiatisation de projets et d’acteurs engagés dans un tourisme « différent ».
Notions sur le développement durable et le commerce équitable

Le développement durable


Dans les années 60-70, naît une prise de conscience de l’état général de la planète et des actions néfastes de l’ensemble des individus qui contribuent à cette dégradation de notre milieu de vie. Dans ce contexte émerge le concept de «développement durable» notamment avec le cri d’alarme lancé à la communauté internationale par les scientifiques en 1972, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement. Puis, en 1987, lors de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, dite Commission Bruntland, le concept de «développement durable» est établi et défini comme : «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs». Deux concepts sont inhérents à cette notion :
  • le concept de «besoin», et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’apporter la plus grande priorité,
  • l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale imposent sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.
Face à un sentiment d’insécurité urgent face à l’avenir, le développement durable prône un développement réellement maîtrisé, capable de réconcilier les besoins des hommes et la préservation des équilibres écologiques, sociaux, économiques, y compris dans le long terme. Autrement dit, le développement durable s’attache à trouver un équilibre entre ces trois dimensions : le respect de l’environnement, l’équité sociale et la rentabilité économique.

En Juin 1992, lors du premier Sommet de la Terre qui a lieu à Rio, 172 gouvernements prennent les mesures nécessaires et signent un programme d’actions pour le XXIème siècle, l’Agenda 21, définissant les objectifs d’un développement durable pour la planète.
En 2000, les Nations Unies adoptent la «Déclaration du Millénaire», avalisée par 189 pays, qui vise à la réduction de moitié de la pauvreté et au développement durable d’ici à 2015.
En 2002, à Johannesburg, a lieu le «Sommet mondial du développement durable», regroupant la communauté internationale comprenant les Etats, les institutions des Nations Unies, mais aussi des Organisations Non Gouvernementales et des entreprises.
Le développement durable, un «pacte social planétaire» comme le définit Philippe Moreau Desfarges, ministre plénipotentiaire, à signer et à mettre en pratique de toute urgence dans la volonté de mettre en application ce proverbe amérindien : «Traite bien la terre, elle ne t’as pas été donnée par tes parents, elle t’a été prêtée par tes enfants. Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants».

Le commerce équitable

La définition du commerce équitable a été élaborée par les acteurs du Nord et du Sud impliqués dans le commerce équitable et regroupés au sein de FINE, groupe de travail regroupant quatre structures internationales de commerce équitable ( FLO-I : Fair Trade Labelling Organisation International, IFAT, NEWS ! et EFTA ) :

« Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleurs conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s'engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l'opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel »
La démarche du commerce équitable va au-delà d'un échange commercial différent permettant une meilleure rémunération des producteurs et par là même, leur développement économique. Elle insiste sur le fait que les organisations de commerce équitable, relayées par les consommateurs, soutiennent les organisations de producteurs, sensibilisent le grand public et mènent des campagnes visant à modifier les règles et les pratiques du commerce international conventionnel. Le commerce équitable recouvre donc trois dimensions, complémentaires et indissociables :
  • une dimension socio-économique : des échanges commerciaux équitables et un développement durable,
  • une dimension éducative pour d'autres modes de relations commerciales basées sur la confiance et la transparence,
  • une dimension politique avec un engagement pour plus de justice dans les règles du commerce international
Source : www.artisansdumonde.org

Pour tout savoir sur l’historique et les acteurs du commerce équitable, consultez le site de la PFCE, www.commercequitable.org
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