Jean-Marc MIGNON, vous êtes le président de l’ATES et également Délégué Général de l’UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air). Vous êtes, avec les associations membres, à l’origine de la création de l’ATES. Quelles sont les raisons essentielles qui ont motivé la naissance de cette nouvelle structure ?
La création de l’ATES est l’aboutissement de l’engagement de l’UNAT sur ce secteur depuis plus de 7 ans. L’UNAT s’est fortement impliquée pour regrouper les différents acteurs de la profession, faire le lien avec les différents partenaires et participer à la réflexion sur l’identification et la définition du tourisme équitable et solidaire.
L’un des objectifs principaux de la création de l’ATES est t de donner plus de visibilité à ce secteur, en premier lieu à l’égard du grand public. Ensuite, l’ATES regroupe au sein d’une même structure les acteurs engagés dans le tourisme équitable et ses partenaires. Ceci permettra de mettre en place une action et une communication collectives plus fortes et plus structurées.
Quelles sont les missions prioritaires de l’ATES ?
L’une des plus importantes est l’élaboration des critères définissant les pratiques du tourisme équitable. Ces normes doivent bien sûr être admises par nos membres et doivent aussi permettre à d’autres voyagistes de nous rejoindre. L’ATES devra aussi faciliter le développement du tourisme équitable et solidaire : en qualité ( par ce travail sur les critères et les échanges ) mais aussi en « volume ». Il est nécessaire de faire partir un plus grand nombre de voyageurs*, aussi bien pour pérenniser le fonctionnement des associations que pour consolider l’impact de ces voyages sur le développement local des régions d’accueil. Nous faisons pour cela un travail de communication pour aider à la commercialisation et au partenariat (relations presse, Comités d’entreprise, les programmes de tourisme solidaire dans le cadre de la coopération décentralisée ….)
Si vous deviez caractériser les voyages proposés par l’ATES, que diriez-vous ?
En premier lieu, il est important de dire que ce n’est pas la formule de voyages elle-même qui détermine le caractère équitable et solidaire. Avec les voyagistes de l’ATES, vous pouvez aussi bien partir en randonnée équestre au Zanskar que découvrir et partager la vie d’un village de pêcheurs au Bénin.
Ce qui est déterminant dans notre activité c’est la façon dont est conçu et construit l’ensemble du projet : l’élaboration des séjours et le lien avec les projets de développement mis en place grâce aux revenus du tourisme. Le tourisme équitable et solidaire est pensé comme un outil d’aide au développement local des territoires d’accueil. Les membres de l’ATES mettent en place leurs activités en partenariat étroit avec les populations locales et leurs représentants, dans le respect de ces personnes, de leur culture et de leur environnement.
Si je devais résumer en 2 mots notre démarche, je dirais « territoire » et « proximité »
Par conséquent, partir avec un voyagiste de l’ATES signifie partir en petit groupe, loin des grandes infrastructures touristiques et en étant toujours proche de l’habitant.
Enfin, finalement, à qui l’ATES s’adresse t-elle ?
A tous ! Nous proposons des voyages dans une quarantaine de pays, essentiellement à ce jour en Afrique, Amérique latine et Asie. L’Europe aussi et bientôt, pourquoi pas la France. Comme je vous le disais, notre gamme de séjours est variée. Certains s’adressent en particulier à des randonneurs, d’autres à des familles et enfants, d’autres encore aux amateurs de sites culturels. Les voyages de l’ATES sont « réservés » aux voyageurs curieux du monde et de ses habitants.
* Pour information, le nombre total de voyageurs partis en 2006 avec les associations de l’ATES s’élève à 3800 voyageurs |