Préservons la richesse culturelle des peuples Autochtones

14/02/2019 -
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A l’heure de la mondialisation qui tend à uniformiser les modes de vie et de l’urgence climatique, les premières victimes de ces deux phénomènes sont les peuples autochtones du monde entier.

En effet, dans un monde marchand où la recherche de profit passe avant le respect des hommes et de la nature, de nombreux peuples autochtones voient leurs terres menacées et leur culture disparaître à petit feu. Des chercheurs ont également démontré que le phénomène de la mondialisation tend à faire disparaître des langues ancestrales. Ainsi, selon la revue Geo, on identifie qu’une langue autochtone disparait toutes les deux semaines. Et si 6 700 langues sont actuellement parlées à travers le monde, la moitié pourrait disparaître d'ici la fin du 21ème siècle selon l'UNESCO.

 

A titre d’exemple, le nouveau président du Brésil, Jair Bolsonaro, a récemment décidé, par décret, de mettre fin à cinquante ans de travail concernant l’attribution des terres aux peuples autochtones. La démarcation des territoires indiens, qui était jusqu’alors confiée à la Fondation de l’Indien (la Funai) rattachée au Ministère de la justice, est dorénavant de la responsabilité du Ministère de l’Agriculture. Une décision qui n’est pas sans soulever un problème de conflit d’intérêt puisque la ministre, Tereza Cristina Corréa da Costa, est elle-même grande propriétaire terrienne étroitement liée aux lobbies de l’agro-business. Ce sont ainsi 462 réserves, représentant 12% du territoire brésilien, majoritairement situé en Amazonie, qui risquent donc d’être directement impactées par cette mesure. En parallèle, le nouveau gouvernement a également décidé de placer le Service Forestier, qui dépendait du ministère de l’Environnement, sous la tutelle du ministère de l’Agriculture. Une décision qui suscite des fortes inquiétudes écologiques concernant la politique de déforestation et reforestation de l’Amazonie.

 

De nombreuses associations et organisations environnementales apportent leur soutien aux peuples autochtones. Dans l’Etat de l’Acre, au Brésil, des associations accompagnent le peuple Ashaninka dans un programme de préservation de leurs coutumes et de reforestation de la région. L’ATES a eu l’honneur de rencontrer le cacique du peuple Ashaninka, Benki Piyanko, lors du congrès mondial de l’OITS en octobre dernier à Lyon.

A cette occasion, Benki Piyanko a fait part d’un nouveau projet de micro-tourisme au sein de sa communauté. En effet, le peuple Ashaninka a décidé d’accueillir quelques touristes à l’occasion de son festival traditionnel entre le 17 et le 27 juin 2019.  Ce voyage permettra à quelques privilégiés de découvrir, en totale immersion, la culture Ashaninka « basée sur la sagesse, la simplicité, la beauté et l’harmonie avec la vie ». Mais il permettra surtout au peuple Ashaninka de transmettre sa culture et de financer des projets pour la préserver.  

En outre, le photographe Jimmy Nelson a lancé, via un projet photographique intitulé « Blink. And they’re gone » (« Cligne des yeux. Ils disparaissent », NDLR), un appel mondial à la préservation du patrimoine culturel. Pendant des années, il a photographié les dernières cultures autochtones du monde. A travers ses clichés, il cherche à leur donner une visibilité positive et à valoriser leur héritage culturel. En effet, pour lui : « Notre identité culturelle collective est trop précieuse pour être détruite par l'homogénéisation. Nous devons nous unifier et lutter pour soutenir les cultures autochtones et être fiers de la myriade de traditions culturelles que l’on trouve encore sur la planète. ». 

L’ATES, très sensible à ces questions de préservation de la nature et des hommes, pense que le tourisme équitable et solidaire peut être un levier de développement durable des territoires mais aussi de solidarités entre peuples et individus. En effet, le voyage au sein de communautés autochtones volontaires pour accueillir des touristes, s’il est soigneusement construit avec eux, selon des principes exigeants, est vecteur d’ouverture, de compréhension de l’autre mais aussi de transmission et de préservation des cultures. 

 

Plus d'infos : 

Contact du festival Ashaninka : contact@festivalashaninka.com

Campagne de Jimmy Nelson

https://www.geo.fr/histoire/lunesco-appelle-a-reagir-pour-preserver-les-langues-autochtones-de-la-disparition-194393

https://www.francetvinfo.fr/monde/canada/video-une-langue-disparait-tous-les-15-jours-une-menace-pour-l-identite-des-peuples-autochtones_3185593.html