Retour sur la conférence

01/12/2016 -
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A l’occasion de ses 10 ans, l’ATES (Association pour le tourisme équitable et solidaire) a organisé dans le cadre prestigieux de l’Hôtel de Ville de Paris le 25 octobre dernier un colloque intitulé « 10 ans de tourisme équitable et solidaire…et demain ? ». Voici un résumé de la journée...

De nombreux participants

Plus de 120 participants, issus des secteurs du tourisme, de la solidarité internationale, du commerce équitable, des médias et des institutions y ont débattu notamment sur les impacts et le devenir de ces formes de tourisme dans le contexte mondial actuel.

 

Des institutions publiques impliquées

La journée a été introduite par la Maire adjointe de Paris en charge de l’économie sociale et solidaire, Antoinette Gühl, ainsi que par un message vidéo du secrétaire d’Etat en charge du commerce extérieur et du tourisme, Mathias Fekl, sous le patronage duquel était placé l’évènement.

 

Le tourisme équitable et solidaire face aux dégâts du tourisme industriel

Après un rappel historique mettant en valeur les différents acteurs à l’origine du développement de la thématique du tourisme équitable et solidaire et de la création de l’ATES, le Président de l’ATES, Gilles Béville s’est attaché à illustrer les évolutions qu’a connu le réseau notamment la mise en place pour ses membres d’un label ainsi que l’aide apportée à des réseaux partenaires dans des pays du Sud comme à Madagascar. Cette rétrospective a également été l’occasion de rappeler les principes qui fondent le tourisme équitable et solidaire, à commencer par les 60 % du prix du voyage qui bénéficient directement à la destination. La mise en place d’une étude des effets du TES dans les pays de destination avec le soutien de l’Agence française de développement a été également annoncée.

En effet cette mesure des effets du tourisme est impérative compte tenu des externalités négatives produites dans le monde par le tourisme industriel. C’est cette vision d’un tourisme prédateur qui a été mise en exergue par Jean Marie Collombon, coordinateur des forums internationaux du tourisme solidaire (FITS) au travers d’un film sur la palmeraie de Tozeur (Tunisie). Il a ensuite montré par différents exemples du Pérou au Maroc en passant par le Sénégal, les effets positifs générés par des formes de tourisme responsable en étroit partenariat avec les communautés locales.

 

Des tables rondes et des ateliers pour préparer 2017, année internationale du tourisme durable pour le développement

Pour faire suite à ces propos introductifs, une première table ronde, animée par David Eloy, ex-rédacteur en chef de la revue Altermondes, a montré, au travers de différents témoignages de partenaires de pays de destination (Bénin et son réseau d’acteurs Eco-Bénin, Mexique et le projet Grupo Ecologico Sierra Gorda, Pérou, Mongolie) ainsi que d’une voyageuse solidaire, les impacts sur les populations et les voyageurs du tourisme équitable et solidaire.

Ces témoignages ont permis à Bernard Schéou, professeur d’université, spécialiste des questions liées au tourisme facteur de développement, d’insister sur le fait que ces mesures des effets devaient se faire en co-construction avec les territoires de destination afin de pouvoir mesurer ce qui avait réellement de la valeur pour eux et donc de prendre en compte les aspects qualitatifs de ces effets.

La deuxième table ronde a été introduite par un message vidéo du Secrétaire général de l’OMT, Taleb Rifaï, proclamant l’année 2017 « année mondiale du tourisme durable pour le développement ». Animée par Fabrice Bugnot, journaliste, elle a passé en revue la manière dont les organisations internationales allaient se saisir de cette opportunité.

Ainsi, Svitlana Mikhalyeva, a présenté pour le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUE) les actions en faveur du tourisme durable s’intégrant dans le cadre du programme décennal sur les modes de production et de consommation durables.

Jean-Marc Mignon, Président de l’Organisation internationale du Tourisme social (OITS), a annoncé l’élargissement de l’organisation au tourisme responsable et équitable, acté par ses membres lors du dernier congrès tenu à Zagreb le 20 octobre dernier. L’ATES a contribué à cette réflexion dont le résultat devrait offrir au secteur une représentation internationale permanente.

Enfin, Gérard Ruiz, représentant du réseau Acteurs du Tourisme Durable, a exposé les actions prévues en 2017 par ATD en vue de fédérer largement les professionnels engagés en France, identifier et valoriser les bonnes pratiques et sensibiliser le public aux vertus d’un tourisme plus durable.

L’après-midi se partagea dans un premier temps autour de trois ateliers mettant l’accent, sur le rôle primordial des partenaires locaux dans la construction de l’offre, sur la possibilité de développer une offre au Nord, complémentaire de celle du Sud (découverte des cultures du Sud dans les villes du Nord, développement de séjours équitables en France, etc.), et sur les opportunités qu’offre l’économie collaborative aux acteurs du tourisme alternatif.

Puis dans un deuxième temps une dernière plénière, animée par Pascal Gréboval, rédacteur en chef de Kaizen Magasine, fut consacrée aux alliances possibles avec des familles d’acteurs proches :

Pour la Plate-forme du commerce équitable (PFCE), Julie Stoll, déléguée générale s’est dite favorable à l’organisation de plus d’actions consacrées au tourisme équitable et solidaire à l’occasion de la Quinzaine du Commerce équitable.

Quant à Vincent Fontvieille, président d’ATR et PDG du tour opérateur La Balaguère, il appelle de ses vœux plus de collaborations entre membres des deux réseaux afin de faire se croiser les exigences du tourisme équitable et solidaire et la visibilité de TO plus importants.

Gilles Chatelain, élu de la CCAS (le comité d’entreprise des agents électriciens et gaziers) plébiscite le recours des comités d’entreprise au tourisme solidaire qui partage valeurs et missions sociales de ces comités.

Enfin, Thierry Touchais, Directeur général de la fondation GoodPlanet qui soutient des projets visant le mieux-être des populations et qui anime un système de compensation carbone, s’est dit favorable au développement de formes de tourisme plus respectueuses des hommes et des territoires et prêt à travailler avec les voyagistes désireux de s’engager sur cette option.
 

Un soutien fort du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International

La conclusion des travaux a été effectuée par Danièle Kuss du ministère des Affaires étrangères et du développement international (MAEDI) qui a pointé le rôle important du tourisme équitable et solidaire en termes de bonnes pratiques qui participent à faire bouger les lignes. Elle a pointé l’originalité de ces formes de tourisme qui intègrent une démarche humaniste, et la nécessité de s’en inspirer dans le développement des tourismes domestiques dans les pays du Sud.

 

Retrouvez le communiqué de presse de l'événement