Lorsque le tourisme s'engage pour le commerce équitable

17/05/2016 -
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Le tourisme équitable et solidaire est le seul secteur de service à faire partie de la famille du commerce équitable. Mais quels sont les points communs entre une tablette de chocolat et un voyage ?

Acteurs de la transition économique et écologique, les acteurs du Tourisme équitable et solidaire s’engagent pour faire du tourisme un facteur de développement équilibré, pour ceux qui, comme les petits producteurs dans l’agriculture, bénéficient peu ou mal du système classique.

 

Les acteurs qui se sont engagés dans le tourisme équitable et solidaire ont fait un constat similaire à celui des acteurs de la production de tablettes de chocolat équitables : l’économie classique actuelle exclut les plus petits producteurs de ses retombées économiques et engendre, dans de nombreux cas, des déséquilibres importants pour la faune, la flore et les communautés locales.

 

Dans le cas du chocolat par exemple, ce sont une majorité de grands propriétaires terriens qui bénéficient de la mondialisation de l’économie, entraînant parfois un accaparement des terres, une pollution importante due à l’utilisation de pesticides (elle même conséquence directe de la monoculture) et, dans le pire des cas, l’emploi d’enfants dans les plantations. Dans le tourisme, la situation est tout aussi préoccupante.

Si le développement du tourisme international a un impact non négligeable sur l’économie globale du pays grâce aux investissements étrangers, à la création d’emplois et à l’apport de devises étrangères, au niveau local, cela se traduit rarement par une baisse du taux de pauvreté. L’impact négatif sur le pays est aussi important : des phénomènes d’uniformisation culturelle, de folklorisation, de pressions foncières, des dégâts écologiques sont par exemple observés. De plus, comme dans le cas des grands propriétaires terriens dans l’agriculture, ce sont en majorité les grands groupes internationaux qui bénéficient du boom du tourisme international. 

 

Mais, qui sont ces acteurs qui ne bénéficient pas ou peu du tourisme de masse, ces « petits producteurs » du voyage ?

 

Ce sont des communautés villageoises qui ne sont pas sur les grandes routes touristiques, des coopératives agricoles qui souhaitent développer d’autres activités, des groupements de femmes ou encore des ONG qui voient dans le tourisme équitable et solidaire une opportunité de valoriser leurs savoir-faire, de financer des projets ou tout simplement de constituer un complément de revenus. Le tourisme devient alors un véritable outil de développement local et d’autonomisation des populations. Le développement du tourisme équitable et solidaire dans les campagnes permet par exemple d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs en leur apportant un complément de revenus important. L’activité touristique constitue aussi un levier de revalorisation la place des femmes qui, comme dans l’agriculture, sont souvent en première ligne. 

 

 

Le commerce équitable repose par ailleurs sur la construction de projets intégrés où rémunération juste et partenariat équilibré vont de pair avec autonomisation et intérêt général. En créant des partenariats durables, les acteurs du commerce et du tourisme équitables s’engagent aussi pour rééquilibrer les rapports de force. Cela induit par exemple une rémunération concertée, revalorisée chaque année. C’est un principe central du commerce équitable auquel s’astreignent aussi les acteurs du tourisme équitable et solidaire. Ce partenariat équilibré induit aussi l’autonomisation des partenaires locaux en accompagnant leur professionnalisation par exemple ou en formalisant la relation de partenariat.

 

La mise en place d’un projet de commerce équitable intégré repose aussi sur le financement de projets d’intérêt général. Cette prime ou fonds de développement est prélevée sur le prix de chaque séjour. Elle est ensuite reversée à des projets de développement, gérés localement. Cela permet à l’ensemble de la communauté de bénéficier de l’impact du tourisme équitable et solidaire.

 

Enfin, à l’instar de leurs homologues du commerce équitable, les acteurs du tourisme équitable souhaitent entreprendre autrement et favoriser la prise de conscience des consommateurs/voyageurs. Acteurs de l’économie sociale et solidaire, les membres de l’ATES s’engagent pour une économie plus juste dès la création de leur activité en France. Véritables animateurs du territoire, leur objectif est aussi de favoriser les liens entre consommateurs et producteurs, voyageurs et agences de voyages, afin de redonner du sens aux vacances.

 

La transparence est aussi de mise : comme sur les tablettes de chocolat ou les paquets de riz équitables, les membres de l’ATES affichent la répartition du prix de chaque séjour, permettant aux voyageurs de connaître l’impact de leur voyage sur les économies locales. Enfin, comme les engagements ne sont pas que des mots, ces acteurs s’astreignent aussi à un processus d’évaluation exigeant afin d’apporter les garanties nécessaires aux voyageurs. Le label « Garantie tourisme équitable et solidaire » est ainsi aujourd’hui détenu par 14 agences de voyages.

 

Les acteurs de l’équitable sont de plus en plus nombreux et les secteurs touchés sont aujourd’hui très variés. Il y a dix ans, le tourisme équitable et solidaire montrait qu’il était possible d’appliquer les principes du commerce équitable aux services ; aujourd’hui il existe des téléphones équitables et les moteurs de recherche plantent des arbres. Le changement est en marche…

Découvrez le tourisme équitable et solidaire dans cette vidéo

 

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